Comme vous le savez, je suis un investisseur passif. Pourquoi? Eh bien, laissez-moi vous poser quelques questions. Qui était le leader mondial en 1990? Est-il encore dominant? Si vous aviez misé tout votre capital sur le Top 10 de l’époque, à quoi ressemblerait votre portefeuille aujourd’hui? Le contraste serait probablement saisissant en raison du jeu de la chaise musicale.
En 1990, l’indice américain du S&P 500 était dominé par le pétrole, l’industrie lourde et les prémices de l’informatique physique. On y trouvait des noms comme Exxon, IBM, GE, Philip Morris et Shell tandis qu’aujourd’hui, il est outrageusement dominé par la technologie avec les Nvidia, Apple, Microsoft, Amazon et Alphabet. Le constat est brutal, sur les 10 plus grandes entreprises de 1990, seule une minorité a réussi à maintenir sa dominance et plusieurs ont même frôlé l’insignifiance relative.
Même son de cloche pour notre indice canadien du S&P TSX Composite. En 1990, le marché était mené par des entreprises comme BCE (Bell), Seagram, Northern Telecom (Nortel) et les banques tandis que de nos jours on y voit l’ascension fulgurante de Shopify, la résilience de Constellation Software et la consolidation des banques canadiennes. Je suis désolé pour le rappel douloureux, mais l’histoire de Nortel est l’exemple ultime. Cette dernière a représenté jusqu’à 35 % de la valeur du marché canadien avant de s’effondrer. Celui qui possédait l’indice a survécu; celui qui ne possédait que Nortel a tout perdu.
En bref, la stratégie indicielle, c’est la simplicité d’investissement avec l’autonettoyage de l’indice en ne conservant que les gagnants. Les perdants sont automatiquement exclus. Comme il est difficile de prévoir le futur, cela évite de trop concentrer le risque. Je préfère cette stratégie en ne pariant pas sur un seul cheval, mais plutôt en achetant l’écurie.
