Les conflits et l’économie

L’annonce d’un conflit armé, de frappes et de ripostes, comme nous l’avons pour le Venezuela, les tensions avec Cuba et aussi le week-end dernier en Iran, provoque la plupart du temps un choc immédiat. Outre le désastre sur le plan humain et les victimes collatérales, quel est l’impact sur l’économie? L’histoire nous apprend que les marchés réagissent normalement de façon très spécifique, voire prédictible, sur le long terme.

Dès le départ, lorsqu’une guerre éclate, l’économie change. Elle passe d’un mode de consommation à celui de survie et de production. Par exemple, du côté de l’Iran avec le détroit d’Ormuz par lequel transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole, c’est névralgique et l’effet risquerait de se fait sentir instantanément en cas de fermeture. À ce moment-là, il risquerait aussi d’y avoir une augmentation de l’inflation entraînant une hausse massive des coûts dans les secteurs du transport et de l’énergie.

Les pays augmentent alors leurs déficits publics en investissant énormément dans les dépenses militaires. Bien que cela stimulerait certains secteurs économiques, d’autres en souffriraient grandement, creusant ainsi le fossé de la dette publique.

En temps de guerre, la consommation des ménages chute drastiquement, favorisant plutôt l’épargne de précaution. Les secteurs des biens non essentiels (tourisme, luxe, etc.) seraient alors touchés à leur tour, ce qui est bien compréhensible.

Qu’en serait-il de la bourse? Cette dernière n’aime pas l’incertitude précédant toute guerre, mais elle a tendance à remonter avec le temps lorsque le conflit est engagé et que l’issue de ce dernier semble prévisible. Plusieurs événements historiques tels que les Guerres mondiales, la Guerre du Vietnam et les Guerres du Golfe ont tous réagi selon un modèle semblable avec une phase de reprise incroyable menée par un rattrapage de la consommation, l’innovation technologique et la reconstruction.

Le cas de l’Iran pourrait être différent en raison de la dépendance technologique et de la transition énergétique. Les cyberattaques font partie de la réalité d’aujourd’hui et pourraient perturber notamment les institutions financières et autres sociétés œuvrant dans le numérique (Amazon, Microsoft, etc.). Une hausse majeure du prix du pétrole pourrait pousser les sociétés occidentales à revoir et même accélérer leurs plans de transition énergétique. Aurions-nous assez d’électricité? Est-ce que les secteurs des centres de données et de l’intelligence artificielle en souffriraient?

👉 En bref, l’histoire nous rappelle qu’après l’orage vient le beau temps. Il faut rester à l’abri et attendre pendant que ça passe pour ensuite profiter des chauds rayons du soleil. Malgré l’horreur des conflits armés, la leçon à retenir c’est qu’historiquement, vendre ses actions dans la panique au début d’un tel événement est souvent une erreur financière. La bourse regarde vers l’après, et cet après est généralement fleurissant.


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