Le rendement pondéré

Nous entendons souvent parler du S&P 500, indice phare des États-Unis, par différents investisseurs sur les réseaux sociaux, affirmant qu’investir dans les 500 plus grandes capitalisations américaines, c’est une diversification assurée ainsi qu’un rendement moyen d’environ 10 % par année. Mais qu’en est-il exactement?

En fait, je ne remets pas en doute la performance de l’indice, mais il y a raccourci statistique dont plusieurs tombent dans le piège. C’est une question de moyenne arithmétique comparativement à la vérité sur la croissance réelle qui s’appelle le Taux de Croissance Annuel Composé (TCAC) (CAGR en anglais). Tandis que le rendement moyen pondéré lisse les variations du marché, le TCAC prend en compte que l’argent réel subit de plein fouet la géométrie des pourcentages.

Reprenons l’exemple simple de ma publication d’hier et imaginons qu’une personne investit 100 $ dans le marché. Ce dernier explose de +50 % et l’investisseur a maintenant 150 $ en poche. Puis le marché chute de -50 %. Le rendement moyen est donc de 0 %, il s’annule ((+50 % – 50 %) / 2 = 0 %). Bien que la moyenne affiche un score de 0 %, le portefeuille a en réalité perdu 25 % de son capital de départ. C’est ce qu’on appelle la traînée de variance (variance drag en anglais). Exactement comme je l’expliquais hier, pour compenser une perte, il faut un gain beaucoup plus important que le pourcentage perdu. Si vous perdez 50 %, il vous faut un gain de 100 % pour retrouver votre mise initiale. Plus un investissement est volatil (hauts et bas extrêmes), plus l’écart entre le rendement moyen et le résultat réel sera grand.

Prenons maintenant un exemple avec le populaire titre VFV (Vanguard S&P 500 Index ETF) et supposons un investissement de départ de 10 000 $ depuis le lancement du fonds en 2012. Pour la période d’un peu moins de 15 ans, le rendement annuel moyen serait d’environ 14,8 % comparativement à 13,5 % avec le TCAC avec une valeur estimée de 67 000 $. C’est quand même un écart substantiel. Le coupable est la volatilité lors des chutes de 2018, 2020 et 2022, sans compter le facteur caché du taux de change du dollar américain / canadien qui varie au fil du temps.

👉 En bref, il faut faire attention lorsqu’on utilise un simple calcul pondéré du rendement, cela donne une estimation, mais le résultat réel sera la plupart du temps différent plus bas. Mais bon, c’est une méthode simple qui permet d’estimer l’accroissement du capital investi. Dans notre exemple de VFV, si nous avions simplement additionné les rendements annuels et divisé par le nombre d’années, nous aurions été trop optimistes. Le rendement réel est toujours un peu plus bas que la moyenne arithmétique à cause des bosses de volatilité sur la route. On s’entend, même avec cet écart, transformer 10 000 $ en plus de 65 000 $ avec le S&P 500 reste une performance exceptionnelle.


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