Le syndrome d’hubris

Dans la guerre tarifaire qui oppose actuellement le Canada et les États-Unis, une question intéressante me vient à l’esprit : Et si l’un des dangers était l’excès de confiance?

Le syndrome d’hubris est un concept qui décrit notamment certains dirigeants (gouvernement, entreprises, etc.) qui, avec l’exercice du pouvoir, deviennent excessivement confiants dans leur propre jugement. Ils sous-estiment les risques et accordent moins d’importance aux critiques ou aux conséquences de leurs décisions.

Attention, je ne prétends pas poser un diagnostic sur qui que ce soit. Mais le concept permet de réfléchir à quelque chose de très intéressant en finance. Lorsqu’un décideur croit tellement à sa stratégie qu’il sous-estime la réaction de l’autre partie, le risque augmente.

Une guerre tarifaire en est un bon exemple. On impose un tarif pour faire pression. L’autre partie riposte. On augmente la pression. L’autre riposte à son tour. C’est une roue sans fin jusqu’à ce que l’un des deux cède sous la pression. Et pendant que les gouvernements jouent leur partie d’échecs, ce sont les entreprises et ultimement les consommateurs qui paient une partie de la facture.

En investissement, l’excès de confiance est également dangereux. Penser qu’on sait exactement où va le marché, croire qu’une baisse est forcément une occasion, sous-estimer un risque parce qu’on est convaincu d’avoir raison, refuser de revoir son scénario lorsque les faits changent, etc.

👉 En bref, que ce soit en politique, en affaires ou dans nos propres finances, avoir confiance est une qualité mais être convaincu d’avoir toujours raison peut devenir un risque. La frontière entre conviction et hubris peut parfois être bien mince. Et c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles la diversification, la gestion du risque et l’horizon à long terme sont si importants. Je préfère personnellement une stratégie qui fonctionne même lorsque j’ai tort, plutôt qu’une stratégie qui fonctionne uniquement si j’ai raison.


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