Je vous le prédis, il y aura une chute. Un krach boursier est inévitable. Ai-je une boule de cristal? Non, mais les statistiques parlent, environ 3-4 baisses (Pullback) de -5 % à chaque année, une correction de -10 % annuellement, un Bear Market officiel (-20 %) aux 4 à 6 ans, un gros Bear Market (-30 %) aux 10 à 20 ans et finalement, un Krach majeur (-50 %) une fois par génération. Cette publication fait, encore une fois, suite à la lecture d’un excellent article de Nicolas Bérubé paru dans La Presse le 2 novembre dernier : « Bonjour, je m’appelle Nicolas, et j’aimerais vivre un krach boursier. ».
Tout ce qu’on peut préparer pendant l’attente, c’est d’abord le côté psychologique, la gestion de nos émotions. Et puis, il y a aussi un brin de stratégie et de gestion des liquidités. Les marchés sont hauts et nombreux records ont été fracassés par différents indices. À chaque fois qu’on injecte des liquidités dans le marché, nous en avons moins pour notre argent. Nous devons donc nous préparer pour ce test émotionnel. C’est normal, c’est le cycle de la bourse. Souvenons-nous de tous les krachs historiques (1929, 2000, 2008 et 2020) et surtout, les reprises qui ont suivi ces moments marquants. Nous devons garder le cap sur un horizon d’investissement à long terme et éviter de surveiller notre portefeuille à tous les jours pendant une telle hécatombe. Les baisses font partie du chemin.
Je le répète souvent, mais le fonds d’urgence demeure une priorité, surtout pendant la tempête. Il est important d’avoir des liquidités qui nous permettront de passer à travers les imprévus sans devoir vendre des placements dans un élan de panique. Ce coussin devrait permettre de couvrir de 3 à 6 mois de dépenses.
La diversification est un autre bouclier. La pire erreur est d’avoir tous ses œufs dans le même panier. En optant pour différentes classes d’actifs moins corrélés ainsi que différents secteurs et régions, le portefeuille chutera moins violemment et va récupérer plus rapidement. À moins d’être un investisseur expérimenté et avec une très haute tolérance au risque, il n’est peut-être pas judicieux d’utiliser des effets de levier excessifs et de vouloir « shorter » (vendre à découvert) le marché.
On ne peut jamais prédire quand le marché aura atteint le fond. Planifiez donc des achats progressifs. Ne tentez surtout pas de « timer » le marché, poursuivez simplement votre plan d’investissement périodique (DCA) en investissant un montant fixe selon l’intervalle prévu, krach ou non. Cette discipline élimine l’émotion des décisions. Profitez des moments calmes du marché pour revoir votre allocation d’actifs et rééquilibrer votre portefeuille selon les cibles établies préalablement.
En bref, rappelez-vous que les corrections font partie du chemin. Voyez-les positivement, c’est un moment pour solidifier encore plus vos actifs et, surtout, les acheter à rabais. Si une baisse de -30 % vous empêche de dormir la nuit, c’est que votre risque est trop élevé comparativement à votre profil réel d’investisseur. Nicolas Bérubé disait qu’en général, les chutes ont le potentiel d’être plus généreuses pour nos portefeuilles que les périodes haussières comme celle que nous connaissons en ce moment. Je suis En toute finance et j’aimerais aussi vivre un krach boursier, car je suis un investisseur à long terme et je sais que les baisses font partie du chemin.
