Dimanche dernier, je vous parlais de la stratégie de l’investissement forfaitaire (lump-sum), qui consiste essentiellement à investir un gros montant en bourse d’un seul coup. Plus nous avançons dans nos placements, que nos comptes enregistrés (REER, CELI, etc.) sont maximisés et que les intérêts composés font leur magie, l’investissement devient tranquillement monotone.
On attend alors le 1er janvier afin de balancer notre 7 000 $ (cotisation 2026) dans notre CELI, nous remplissons notre REER selon la cotisation qui nous est allouée pour l’année qui vient de se terminer (18 % du salaire ou plafond de 32 490 $ pour 2025) et les REEE des enfants, s’il y a lieu. La stratégie est en place, tout roule sur le pilote automatique, c’est merveilleux.
Mais que faire de l’argent que nous avons en trop et que nous voudrions investir? C’est là qu’entre en jeu le compte non enregistré! Il est un compte standard, sans aucune limite de cotisation et durée de détention, mais qui n’a pas de propriétés fiscales aussi intéressantes que les comptes enregistrés.
Normalement, c’est le dernier compte utilisé par un investisseur car il est imposable. Il est donc normalement justifié de maximiser les comptes enregistrés d’abord. Eh oui, à chaque année, les intérêts, dividendes ou gains en capital (titres vendus) doivent faire partie de votre déclaration d’impôts. Il permet d’autre part, d’y déclarer les pertes sur certaines ventes, au besoin.
Pour calculer le gain en capital, il faut prendre la valeur du produit de disposition, par exemple 10 000 $ et lui soustraire le prix de base rajusté (coût d’achat de l’actif et dépenses encourues), par exemple 5 000 $. Le gain imposable sera donc 50 % de 5 000 $ (10 000 $ – 5 000 $), soit 2 500 $. L’imposition de ce montant sera calculée en fonction de vos tranches d’imposition fédérales et provinciales.
C’est souvent dans ce compte que les investisseurs décident d’acheter des actions d’entreprises avec du « play money » afin de tenter de frapper le fameux coup de circuit comme Microsoft, Apple et autres et les laisser fructifier très longtemps tout en repoussant le déclenchement du gain en capital.
En bref, le compte non enregistré est surtout intéressant pour ceux ayant « coché toutes les cases », c’est-à-dire ayant maximisé tous les comptes enregistrés et ayant aussi une base financière solide (assurances, testaments et mandats, fonds d’urgence, etc.) et surtout, aucune dette de consommation à taux d’intérêt élevé! Voyez votre planificateur financier pour mettre en place une stratégie durable selon votre situation. Cette publication a été inspirée par le texte de Nicolas Bérubé dans La Presse du 7 décembre dernier.
