J’ai récemment eu une discussion avec un ami. Comme il connaît mon amour pour les finances, il m’a demandé ce qui serait l’idéal entre plusieurs options hypothécaires. Comme il s’agit de l’une des questions les plus débattues en finances personnelles, je me suis dit qu’il serait intéressant d’en discuter.
À la suite de la vente de sa maison pour en acheter une nouvelle, vaut-il mieux choisir une hypothèque de 15 ans avec un gros apport en capital ou une hypothèque de 25 ans afin de conserver davantage d’argent pour investir?
Réponse courte : ça dépend. Les deux stratégies ont leurs avantages. Voici deux scénarios hypothétiques.
Option 1 : l’hypothèque de 15 ans
En remboursant votre prêt plus rapidement, vous payez généralement beaucoup moins d’intérêts au total et vous n’avez pas de prime SCHL, ce qui est bien. Vous devenez propriétaire plus tôt et profitez d’une plus grande tranquillité d’esprit. Une fois l’hypothèque remboursée, vos obligations financières diminuent considérablement et cet argent disponible pour être redirigé vers l’investissement.
Le rendement obtenu est en quelque sorte « garanti » car chaque dollar remboursé vous évite de payer les intérêts correspondants.
Option 2 : l’hypothèque de 25 ans et l’investissement
En allongeant l’amortissement, vous paierez une prime SCHL, aurez probablement un meilleur taux et les versements mensuels seront moins élevés. L’argent ainsi libéré peut être investi dans les comptes de votre choix (CELI, REER, REEE, non enregistré, etc.).
Historiquement, les marchés boursiers ont procuré un rendement moyen supérieur aux taux hypothécaires sur de longues périodes. Si, par exemple, votre hypothèque coûte 4 % et que votre portefeuille génère en moyenne 7 % par année sur plusieurs décennies, l’écart de rendement pourrait jouer en votre faveur.
Mais, contrairement aux intérêts économisés sur une hypothèque, les rendements boursiers ne sont jamais garantis. Les marchés peuvent connaître des années difficiles, parfois au pire moment selon vos besoins.
Une troisième approche et celle que je préfère, c’est de choisir un amortissement plus long pour conserver une certaine flexibilité, poursuivre l’investissement tout en effectuant des remboursements anticipés lorsque les finances le permettent. Cette stratégie permet de profiter de paiements obligatoires plus faibles (ne pas se serrer la ceinture), tout en accélérant le remboursement lorsque les circonstances sont favorables.
En bref, la meilleure stratégie n’est pas nécessairement celle qui maximise le rendement théorique, mais celle que vous serez capable de maintenir pendant des années. Les chiffres sont importants, mais votre tolérance au risque, votre discipline, votre sécurité d’emploi et votre tranquillité d’esprit le sont tout autant.
